CHATEAU DE LA LOIRE: château de Blois

Depuis le Moyen-Âge jusqu’à nos jours, le château de Blois a plus de mille ans d’histoire et a été marqué par les grands courants qui ont jalonné l’histoire de l’architecture française.

Moyen-Âge, Gothique, Renaissance, Classique, les différents bâtiments qui s’ordonnent autour de la cour sont autant de témoins de cette histoire et font du château de Blois le plus riche des châteaux de la Loire d’un point de vue architectural.

Époque médiévale et art gothique

Notre voyage dans le temps remonte jusqu’au IXe siècle. Pour se protéger des incursions de hordes Viking venues de Scandinavie et qui remontent la Loire, les comtes de Blois ont fait bâtir une forteresse sur un promontoire qui surplombe le fleuve et la ville.

Des travaux d’agrandissement et d’embellissement sont réalisés au XIIIe siècle pour faire de la « grosse tour » un des plus beaux châteaux-forts du royaume.

Il reste encore des vestiges de cette époque, parfois difficilement identifiables : quelques murs au niveau de l’aile François 1er, la petite tour des Champs à l’est, la tour Château-Renault à l’ouest dont on peut discerner le chemin de ronde…

La tour de Foix

Plus accessible parce qu’un peu à l’écart, la tour circulaire de Foix, qui défendait l’angle sud-ouest de la forteresse médiévale, s’élève sur quatre niveaux et domine la Loire et la ville de Blois. Les meurtrières en étrier qui l’éclairent faiblement témoignent de son rôle défensif de l’époque.

Le petit pavillon de briques rouges et de pierres à son sommet est un observatoire astronomique qui date du XVIIe siècle.

La Salle des États

La Salle des États est, elle aussi, d’époque médiévale. Des techniques modernes de datation ont pu déterminer qu’elle fut construite en 1214. De style gothique, elle impressionne par ses dimensions : trente mètres de long pour dix-huit mètres de large et font d’elle une des plus grandes et anciennes salles seigneuriales conservées en France.

Elle tire son nom des États Généraux qui y ont été organisés par deux fois sous le règne d’Henri III, mais c’était à l’origine la grande salle du palais des comtes de Blois qui servait pour rendre la justice. À l’époque elle était sans doute moins lumineuse qu’elle ne l’est maintenant : seule la petite fenêtre en ogive du pignon ouest est d’origine, les autres ont été percées au XVe siècle.

Le décor, notamment les 6 720 fleurs de lys peintes par Félix Duban sur le lambris date d’une restauration des années 1860, mais s’inspire fidèlement des techniques polychromiques du XIIIe siècle. L’escalier néo-gothique, la cheminée et les vitraux proviennent de cette même restauration.

Prémices de la Renaissance : le gothique flamboyant la marque des châteaux de la Loire.

À la fin du XVe siècle, le Rinascimento a déjà fait son apparition en Italie et témoigne d’un nouvel art de vivre qui commence à influencer le style encore gothique des édifices français. Sous le règne de Louis XII le château de Blois subit, lui aussi cette influence appelée « Gothique flamboyant ».

Peu après son accession au trône en 1498, le monarque entreprend, avec son épouse Anne de Bretagne, la reconstruction du château de Blois qui a vu sa naissance 36 ans plus tôt et qui devient résidence royale, au détriment d’Amboise.

L’aile Louis XII

Quand on entre sur la place du château, appelée avant-cour par opposition à la cour intérieure, l’aile Louis XII est aisément reconnaissable à sa longue façade de briques rouges et de pierres blanches, caractéristique de l’architecture du Nord de la France et des Flandres à cette époque.

La construction n’a clairement plus une vocation défensive comme en témoignent les hautes fenêtres à meneaux couronnées de lucarnes, les éléments de décoration et les balcons royaux, mais ce n’est pas tout à fait le style Renaissance qui apparaît pourtant au travers de détails décoratifs (exemple : les candélabres sur les piliers triangulaires, décorés d’arabesques), et au travers d’éléments architecturaux nouveaux (comme les galeries qui permettent d’accéder directement aux salles). On se trouve au confluent de deux ères.

L’entrée dans la cour se fait en franchissant un porche surmonté d’une statue équestre de Louis XII, son cheval caparaçonné marchant au pas de l’amble.

Le rez-de-chaussée est constitué d’une galerie ouverte portée par des arcades en anse de panier et terminée de part et d’autre par deux tours, dont la Tour des Champs, qui recèlent les escaliers à vis permettant d’accéder au niveau supérieur.

L’étage abrite le musée des Beaux-Arts qui occupe les anciens appartements royaux de Louis XII et Anne de Bretagne, restaurés eux aussi au XIXe siècle.

La chapelle Saint-Calais

Située au bout de l’aile Louis XII et accessible depuis la cour intérieure, la chapelle Saint-Calais a été construite à la même époque pour servir d’oratoire privé du roi. Il n’en reste que le chœur gothique à liernes et tiercerons (ce sont les nervures qui montent de la clef de voûte jusqu’au sommet du dôme). La nef fut détruite au XVIIe siècle par Mansart quand il a effectué les travaux pour l’aile Gaston d’Orléans (voir plus loin).

La façade date du XIXe siècle et les vitraux sont de l’ère moderne (ils datent de 1957).

Les fastes de la Renaissance française au sein d’un chateau de la Loire.

L’ombre de François 1er plane sur les châteaux de la Loire, et Blois n’y fait pas exception. Les aménagements du château de Blois constituent le premier chantier du roi bâtisseur, en 1515.

L’aile François 1er, vue du jardin

Il y a deux façons de découvrir l’aile François 1er, depuis la cour intérieure ou depuis la rue, là où se trouvaient les jardins en terrasses aménagés sous Louis XII et agrandis à l’époque de François Ier.

C’est depuis cette perspective qu’on peut admirer la façade des Loges, clairement d’inspiration italienne (elle est calquée sur la façade des loges du palais du Vatican exécutée par Bramante). Les loges, ce sont ces innombrables balcons qui ouvrent sur les appartements privés. L’horizontalité des lignes, dans le plus pur style italien, est accentuée par l’attique, cette galerie juste sous le toit parcourue par un alignement de colonnes et seulement perturbée par la haute lucarne de style français marquée de la Salamandre, l’emblème de François 1er. Le niveau inférieur est rythmé par les échauguettes, ces petites tours accolées au mur, décorées de bas-reliefs représentant les Douze Travaux d’Hercule. L’une d’elle supporte un oratoire.

Le côté cour et l’escalier à vis

De retour côté cour, ce qui attire immanquablement l’œil du visiteur, c’est l’escalier à vis monumental, dont l’apparente légèreté offre un contraste saisissant avec l’aspect massif de la façade. La montée d’escalier est jalonnée de loggias largement ouvertes qui sont typiques des nouvelles règles de la vie de la cour : il faut voir et être vu.

On peut être surpris par le manque de symétrie de la façade. Il est dû, d’une part à la réutilisation par les architectes des fondations et des murs de la structure médiévale (les ouvertures doivent être percées en fonction de la distribution des pièces), et d’autre part à la disparition d’une partie de l’aile occasionnée par les travaux effectués au XVIIe siècle par Gaston d’Orléans. À l’origine, l’escalier était au milieu de la façade.

Visite intérieure

L’aménagement intérieur est lui aussi tributaire de la contrainte de réutiliser les murs existants. En fait, les salles côté cour occupent le logis antérieur et sont destinées à un usage public, tandis que celles donnant sur les jardins ont été construites à l’extérieur du rempart et sont des appartements privés.

Les appartement royaux occupaient le premier et le deuxième étage et ont été restaurés par Félix Duban au XIXe siècle. De l’aménagement d’origine ne subsistent que deux cheminées sculptées dans la salle du roi et des boiseries, elles aussi sculptées et peintes dans le cabinet de la reine.

Le premier étage est occupé par les appartements de la reine, avec notamment la Galerie de la Reine, le Cabinet de la Reine, ou studiolo, appelé aussi chambre des secrets à cause des panneaux de bois qui dissimulent des placards à mécanisme secret, la Chambre de la Reine, où mourut Catherine de Médicis, et la salle des capitaines des gardes de la reine, ou Salle des Gardes.

Le deuxième étage abrite les appartements du roi dont on peut citer la Salle du Roi et sa cheminée monumentale, la Galerie du Roi, la Chambre du Roi, dans laquelle la légende dit que le Duc de Guise a succombé, frappé par huit spadassins, la Salle du Conseil et la Salle des Guises qui abrite une collection de tableaux célèbres.

Mansart et le Classicisme du XVIIe siècle

Le nom de Gaston d’Orléans a été mentionné plusieurs fois au cours de cet article. Il est le troisième fils d’Henri IV et frère benjamin du roi Louis XIII. Possible héritier du trône et d’un caractère intriguant, il passe son temps à conspirer, d’abord contre son frère et le cardinal De Richelieu, puis contre sa mère Anne d’Autriche, quand elle assure la régence, et le cardinal Mazarin.

Par apanage (cette règle monarchique qui octroie la concession d’un fief à un fils cadet en compensation du trône attribué à l’aîné), il obtient en 1626 le duché d’Orléans et le château de Blois, où il réside à partir de 1634.

Il se met en tête de construire un nouveau corps de logis dans le fond de la cour face à l’aile Louis XII, occupé par des anciens bâtiments. Les travaux commencent en 1635, sous la direction de l’architecte François Mansart. Il semble que le projet initial prévoyait la destruction complète des ailes édifiées par Louis XII et François 1er mais heureusement, l’absence de fonds due à la naissance inespérée du futur Louis XIV et la perte de son crédit financier met un terme au projet de Gaston d’Orléans en 1638.

Fidèle à sa réputation de conspirateur, il participe à la Fronde et le cardinal Mazarin le fait exiler en son château de Blois en 1652. Sans moyens, il se résout à occuper l’aile François 1er pour y mourir en 1660.

L’aile Gaston d’Orléans ne sera en fait jamais occupée, mis à part au XIXe siècle par un régiment de cavalerie quand le château est réquisitionné et transformé en caserne.

Il reste donc du passage de Gaston d’Orléans une œuvre inachevée dans le style classique de l’époque, caractérisée par un pavillon central avec ailes en retour, l’élévation sur trois niveaux, la superposition de deux frontons qui renforcent l’effet de verticalité. On est frappé par l’opposition radicale des styles par rapport aux ailes Louis XII et François 1er, aux lignes horizontales.

À l’intérieur, on peut admirer la cage d’escalier d’honneur dessinée par François Mansart, surmontée d’une double coupole largement éclairée par les fenêtres de l’étage supérieur et ornée de sculptures allégoriques, œuvres de l’atelier des sculpteurs Simon Guillain et Michel Anguier.

Époque contemporaine

Le château de Blois souffre de l’abandon (il n’est plus habité depuis 130 ans au moment de la Révolution) et subit les excès de la ferveur Révolutionnaire au point que sa destruction soit envisagée, jusqu’à ce que Napoléon le cède à la ville de Blois en 1810.

Il est alors utilisé à des fins militaires et subit encore des mutilations (la moitié sud de l’aile Charles d’Orléans est détruite et remplacée par une cantine militaire).

Mais en 1841 le château devient monument historique et sous l’impulsion de l’auteur, homme politique, historien et académicien Prosper Mérimée, sa remise en état commence en 1844.

L’architecte Félix Duban est chargé de la première restauration. Elle concerne les appartements royaux de l’aile François 1er et l’aile Louis XII. Cette phase de restauration commence en 1846 et va durer plus de 25 ans.

C’est à cette époque que le château trouve sa nouvelle vocation de musée.

Une seconde restauration, entreprise entre 1880 et 1913 a pour but de réhabiliter l’aile Gaston d’Orléans et permet de terminer le grand escalier, sur la base des esquisses laissées par Mansart.

Les restaurations continuent encore de nos jours, pour le plus grand plaisir des visiteurs venus du monde entier pour l’admirer. Qui sait, vous en ferez peut-être partie…

PL

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Un commentaire sur “CHATEAU DE LA LOIRE: château de Blois
  1. Paulo dit :

    Superbe travail mnortant votre patience et votre enthousiasme. J’espe8re que vous aurez toute l’aide ne9cessaire pour mener e0 bien cette escapade estivale e0 la de9couverte de ma re9gion natale.