Chenonceau Katherine Briçonnet la bâtisseuse

katherine briconnet

Avec sa galerie de soixante mètres qui enjambe le Cher, le château de Chenonceau a une silhouette singulière qui le fait reconnaître instantanément parmi tous les châteaux de la Loire (et ils sont nombreux).

Mais ce qui le rend peut-être encore plus unique, c’est son étonnante histoire, marquée par l’empreinte de femmes hors du commun qui l’on fait surnommer à juste titre « le château des Dames ». Et c’est sans aucun doute cette influence féminine qui au travers du temps a préservé Chenonceau des velléités guerrières si caractéristiques de la gent masculine, et envahit le visiteur qui le découvre d’une sensation de paix et de raffinement.

Partons à la découverte du château de Chenonceau au travers des femmes qui l’ont « fait ».

Katherine Briçonnet, la bâtisseuse

En 1512, le sieur Thomas Bohier, riche bourgeois Tourangeau récemment anobli par Louis XII, se porte acquéreur avec sa femme d’un château sur les terres de Chenonceau, au bord du Cher, un des affluents de la Loire. Il profite des revers de fortune de la famille Marques, jusque là propriétaire du domaine pour acheter cette seigneurie qu’il convoite depuis longtemps.

La résidence est de style médiéval, elle remplace un château encore plus ancien, brûlé et rasé pendant la Guerre de Cent Ans suite à la rébellion de son seigneur. La demeure, sur la rive gauche du Cher, est constituée de quatre murs fortifiés entourés de douves remplies d’eau provenant de la rivière. Elle est protégée par quatre tours d’angle.

La Tour des Marques

Les nouveaux propriétaires font raser l’ancienne forteresse dont ils ne conservent que le donjon qui subsiste encore de nos jours sous le nom de « Tour des Marques ».

Cet édifice est constitué d’une tour ronde (la tour sud-ouest), à laquelle est accolée une tourelle renfermant un escalier.

Thomas Bohier le remet au goût du jour en y perçant de larges fenêtres à meneaux d’influence Renaissance et en faisant construire un perron de pierre qui mène à la porte d’entrée ouvragée.

Seul témoignage des anciens propriétaires : le puits attenant à la tour dont la margelle est ornée d’une chimère et d’un aigle à deux têtes, l’emblème des Marques.

Au dessus de la porte d’entrée, on peut apercevoir trois lettres : TBK, pour Thomas Bohier et Katherine.

Le corps de logis

Il faut dire que si c’est Thomas qui finance les travaux, c’est sa femme Katherine, née Briçonnet – une famille de la haute bourgeoisie tourangelle –, qui supervise les rénovations. Après la Tour des Marques, le couple entreprend la construction d’un nouvel édifice sur la rive droite, là où se trouvait auparavant un moulin.

Thomas Bohier est occupé à faire la guerre en Italie aux côtés du roi Louis XII, puis de François 1er, aussi c’est Katherine qui prend la direction des travaux, de 1513 à 1521. Elle influence directement la conception et le style architectural du château tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Le bâtiment de style Renaissance a une forme presque carrée de 22 mètres de côté. Il comprend deux étages posés sur un sous-sol. Il est enrichi de quatre tourelles d’angle qui n’ont déjà à cette époque plus aucune vocation défensive.

Thomas Bohier meurt en Italie en 1524. Sa femme Katherine ne lui survit que deux ans.

Un contrôle des comptes publics met en évidence des malversations, punies par François 1er d’une forte amende. Leur fils aîné Antoine, à qui revient l’héritage, n’est pas en mesure de payer. La couronne royale confisque le domaine en 1535.

+ d’infos château de Chenonceau

CYCLE DES DAMES DE CHENONCEAU

Katherine Briçonnet la bâtisseuse

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Catherine de Médicis, la reine-mère

Louise de Lorraine, la veuve inconsolable

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