Le Château du Clos Lucé et Léonard de Vinci

Le Château du Clos Lucé

« Un lieu pour rêver, pour penser et pour travailler. »

C’est par ces mots que le roi François 1er présente le Manoir du Cloux – qui deviendra plus tard… le Château du Clos Lucé – au peintre, ingénieur et architecte de génie Léonardo da Vinci pour le convaincre de le rejoindre à la Cour de France.

Il faut croire que l’argument a su séduire le maître italien puisque c’est en ce lieu qu’il passe les dernières années de sa vie, parmi les plus prolifiques, comme en témoignent les nombreux carnets de croquis qu’il a rédigés.

Avant Léonard de Vinci…

Bien avant que Léonard de Vinci n’en fasse sa résidence, le Chastelet du Cloux était une demeure médiévale fortifiée en ruines, quand un certain Étienne Le Loup, ancien marmiton devenu conseiller du roi Louis XI, en prend possession en 1471.

Il le fait reconstruire pour lui donner l’apparence qu’on lui connaît aujourd’hui, avec ses murs de brique rose et de pierre de tuffeau blanche, et sa tour carrée surmontée d’un poste de guet, vestige du temps où le manoir avait une vocation défensive.

Situé tout près du château d’Amboise, où réside la famille royale, Charles VIII décide de racheter le Clos Lucé à Étienne Le Loup, dans le but d’en faire une résidence d’été.

Il souhaite destiner le lieu à sa femme, la reine Anne de Bretagne, éprouvée par les morts successives de ses enfants en bas âge et qui ressent le besoin de s’isoler de la Cour pour faire son deuil.

Il transforme la maison médiévale en un château d’agrément d’inspiration Renaissance, et fait construire une chapelle où la reine vient prier.

Les quatre peintures murales de l’oratoire, dont celle qui se trouve au dessus de la porte « La Vierge de Lumière » (Virgo Lucis) a vraisemblablement donné son nom actuel au château, ont été peintes ultérieurement par des disciples de Léonard de Vinci.

Quand Anne de Bretagne part s’établir à Blois, le château devient vacant. En 1509 le Duc d’Alençon s’y établit avec sa femme, Marguerite de Valois avant de le vendre en 1515 à Louise de Savoie, la mère de François 1er. Enfant, le futur roi aime à jouer dans les jardins du parc et plus tard, à y recevoir des artistes qui lui font découvrir l’esprit de la Renaissance, tandis que sa sœur, Marguerite de Navarre, y compose l’Heptaméron.

Du temps de Léonard de Vinci…

Répondant à l’hospitalité de François 1er, Léonard de Vinci quitte Rome en 1516. Il traverse l’Italie à dos de mule accompagné de ses deux disciples, de son serviteur, et de trois tableaux qu’il a peints : La Joconde, La Vierge, l’Enfant Jésus et Sainte Anne et Saint Jean Baptiste, tous trois conservés au Musée du Louvre.

Le roi l’installe au Clos Lucé, le nomme « Premier Peintre, Ingénieur et Architecte » et lui attribue une rente de 1 000 écus d’or par an. Il a la tâche d’élaborer des projets architecturaux d’avant-garde, comme celui de la cité idéale de Romorantin et d’organiser les fêtes de la Cour.

Celle qu’il a organisée au Clos Lucé en 1518 a marqué durablement les esprits de ses contemporains : l’ambassadeur de Venise, Galeazzo Visconti qui était présent, raconte que « Léonard avait tendu de draps bleu ciel la cour de sa demeure et avait reproduit l’emplacement des planètes, du soleil, de la lune et les signes du zodiaque ».

Intérieurs

On peut de nos jours retrouver l’atmosphère qui entourait le génie inventif de Léonard de Vinci : la plupart des pièces où il a vécu et travaillé ont été restaurées dans l’état où il les a connues.

La chambre où a rédigé son testament et où il mourut se trouve au premier étage, à côté de celle de Marguerite de Navarre. Depuis sa fenêtre vous pouvez, comme lui, apprécier la splendide vue sur le château d’Amboise.

La Salle du Conseil, où il recevait les Grands de son époque comme ses amis artistes venus lui rendre visite est restaurée dans son état authentique. Les mobiliers et décorations sont ceux qu’on côtoyés ses hôtes.

Léonard de Vinci a beaucoup disserté sur l’alimentation et l’hygiène, et certains pensent qu’il était végétarien. Mathurine, sa fidèle cuisinière aurait pu nous le dire depuis sa cuisine que vous pouvez visiter.

Les quatre salles du sous-sol offrent également un spectacle passionnant. Y sont exposées quarante maquettes réalisées d’après les dessins originaux du maître. Planeur, pont transbordeur, excavatrice, hélicoptère, char d’assaut, etc. nous permettent d’appréhender les multiples facettes de son talent visionnaire.

Un talent qui fascinait son protecteur, François 1er, au point qu’il lui rendait visite, dit-on quotidiennement. La légende dit aussi qu’un souterrain secret reliait le château d’Amboise à celui du Clos Lucé, et que l’entrée voûtée qu’on peut voir dans le sous-sol en est le vestige.

Extérieurs

Le génie créatif de Léonard de Vinci s’expose aussi dans le parc de 7 hectares qui entoure la propriété. D’abord au travers du Jardin de Léonard, un véritable musée en plein air sur un hectare auquel on accède par le pont à deux niveaux qu’il a imaginé et qui a été reconstitué grandeur nature d’après ses dessins.

Le Parc Leonardo da Vinci permet lui aussi de suivre les traces de son génie visionnaire au cours d’une promenade qui vous permettra d’expérimenter quelques unes de ses créations : l’hélicoptère, le char d’assaut, la mitrailleuse, le bateau à aubes, le pont tournant sont recréés en taille réelle et sont fonctionnels.

Pour terminer la visite du parc, vous pouvez découvrir l’ancien pigeonnier qui a été préservé depuis l’époque d’Étienne Le Loup.

Après Léonard de Vinci…

À la mort du maître en 1519, ses manuscrits, carnet et croquis reviennent à son fidèle disciple, Francesco Melzi qui les emporte en Italie. Les précieux documents sont dispersés par son fils et considérés sans valeur par le Grand Duc de Toscane qui refusera de les acheter.

Quant au château du Clos Lucé, il retourne dans le patrimoine royal et reçoit des hôtes moins talentueux que son illustre occupant.

Marie Gaudin, surnommée La belle Babou, femme de Philibert Babou de la Bourdaisière et favorite de François Ier, s’y installe à partir de 1523, suivie par d’autres courtisanes aux mœurs légères. Puis Michel de Gast en devient propriétaire en 1583. Capitaine des Gardes du roi Henri III, il joue un rôle actif dans l’assassinat du Duc de Guise.

Le château revient ensuite dans le patrimoine de la Maison d’Amboise par le biais d’un mariage et passe les épreuves de la Révolution pour devenir la propriété de la famille Saint Bris en 1855.

Le comte Hubert Saint Bris lance dans les années 1960 d’importants travaux de restauration à l’intérieur comme à l’extérieur, pour redonner au château l’aspect qu’il avait pendant la Renaissance et offrir au public la possibilité de redécouvrir le génie de l’artiste le plus complet de la Renaissance.

PL

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