Histoire de Commarque
L’hypothèse la plus vraisemblable serait d’attribuer la fondation d’un donjon à Commarque à l’un des deux abbés du même nom qui se succèdent sur le siège abbatial de Sarlat dans le dernier tiers du XIIe siècle : Garin (1169-1181) ou Randulphe de Commarque (1195-1201). La fondation d’une tour leur permet de contenir l’ambition des Beynac, leurs vassaux, avec lesquels ils entretiennent des relations conflictuelles. C'est un membre de leur famille qui en obtient la garde. Le premier châtelain de Commarque est donc un «milites castri», un chevalier ou donzel, aux ordres de l’abbaye de Sarlat. Au XIIe siècle il existe une agglomération, un donjon avec un logis, une chapelle et des maisons-tours : c'est le castrum de Commarque.
En 1379 Pons de Beynac, seigneur de Commarque, épouse Philippa, âgée de douze ans, héritière des seigneurs de Beynac. Par cette alliance, le seigneur de Commarque acquiert la châtellenie de Beynac et ses dépendances.
La guerre de cent ans
Pendant la guerre de Cent Ans, les Beynac restent les défenseurs fidèles de la couronne de France. Pons de Beynac bénéficie de nombreux appuis politiques : il est dans la clientèle des Beaufort-Turenne, de la papauté avignonnaise et du parti d'Anjou. On peut lui attribuer l’extension du château de Commarque entre 1370 et 1380. Il entreprend de rehausser le donjon et la courtine et de faire construire la couronne de mâchicoulis inspirée du Palais des Papes à Avignon.
Le déclin des Beynac et de Commarque
Pourtant, les Beynac sortent affaiblis de la guerre de Cent Ans. D’abord, en 1406, les Anglais, sous la conduite d’Archambaud d’Abzac, s’emparent de Commarque. Toute la famille y est réunie : elle est faite prisonnière. Un impôt, ordonné par le roi est levé sur les habitants du Périgord et du Quercy pour payer la rançon demandée.
La chatellenie de Commarque commence à se désagréger. En 1395 Pons perd la suzeraineté sur Laussel. Il n'a pas pu se maintenir à Domme. Et en 1441, les Beynac passent dans la mouvance du comte de Périgord, signe évident de leur abaissement politique.
Dans les années 1500, il semble que le castrum de Commarque soit déjà déserté des familles résidentes.
Les Beynac seigneurs de Commarque
Commarque est mentionné dans les documents d'archives dès 1255
Guy de Beynac, le dernier châtelain habitant dans le château de Commarque y meurt en 1656. Le site est abandonné définitivement au XVIIIe. Un siècle plus tard le château est en ruine.
En 1968, Hubert de Commarque achète les ruines de ses ancêtres. Il entreprend de consolider les parties les plus abîmées. Depuis 1994 se succèdent des campagnes de consolidation et de restauration.
Hubert de Commarque confie à Kléber Rossillon, créateur du Musée de la Guerre au Moyen Age au château de Castelnaud et des jardins de Marqueyssac, le soin d’ouvrir le site de Commarque au public.
Un programme de recherches archéologiques est en cours pour plusieurs années.