Château de la Loire: Cheverny

À l’inverse du château de Blois, situé à quelques kilomètres et véritable patchwork de plus de quatre siècles de styles architecturaux, le château de Cheverny offre un visage homogène. Avec ses volumes symétriques….

sa pierre blanche striée horizontalement, ses haut toits, ses pavillons latéraux coiffés d’un toit en forme de voûte carrée et surmontés de campaniles ajourés, qui encadrent le corps principal au toit « à la française », et son immense parc, c’est le parfait exemple du château classique de l’époque Louis XIII.

Un peu d’histoire…

Érigé sur les fondations d’un ancien château féodal construit vers 1500 par Henri Hurault, Lieutenant Général des Armées du roi Louis XI, le château de Cheverny tel que nous le connaissons voit le jour sous l’impulsion de son petit-fils, Henri Hurault, comte de Cheverny et de son épouse, Marguerite Gaillard de La Morinière. Ils souhaitent une demeure en adéquation avec leur rang social, dans le style du Palais du Luxembourg, la résidence de la reine Marie de Médicis.

La construction commence en 1624 et va durer six ans.

Les châtelains font appel à l’architecte Jacques Bougier qui a œuvré au château de Blois et, pour la décoration intérieure, à des artistes locaux : le sculpteur Hevras Hammerber et le peintre Jean Mosnier, qui a travaillé à la décoration du palais de la reine.

Les aménagements intérieurs se terminent vers 1650 sous la direction de leur fille Élisabeth, marquise de Montglas.

Après une rénovation en 1765 et plusieurs propriétaires successifs, le château va passer les années mouvementées de la Révolution sans trop de dommages pour finalement revenir dans le patrimoine familial en étant racheté en 1825 par Anne-Victor Hurault, marquis de Vibraye.

Dès lors, la famille ne va cesser d’occuper les lieux. En 1922, le châtelain décide d’ouvrir le domaine au public tout en continuant d’occuper l’aile droite, ce qui est encore le cas aujourd’hui avec son descendant, Charles-Antoine de Vibraye, sa femme et ses enfants.

Un peu d’architecture…

Quand on visite les châteaux de la Loire et qu’on arrive à Cheverny, ce qui étonne d’abord c’est l’impression de netteté qui s’en dégage. De propreté, pourrait-on dire, comme si le château venait d’être construit. Il a pourtant presque quatre siècles.

Outre l’uniformité de son style, dans le plus pur esprit classique de l’époque de Louis XIII, cette impression est due principalement à l’utilisation par son concepteur, l’architecte Jacques Bougier, de la « pierre de Bourré », un matériau local qui a la particularité étonnante de blanchir et de durcir en vieillissant.

Les maîtres-maçons de l’époque ont tracé sur les pierres parfaitement agencées des stries horizontales qui donnent au bâtiment son apparence particulière et les sculpteurs ont décoré la façade sud – celle qui s’offre à vous quand vous entrez dans le domaine – de douze bustes d’empereurs romains.

Le corps principal est encadré de deux pavillons surmontés de toits en forme de dôme qui le dominent et accentuent la symétrie de l’ensemble.

Un peu de promenade…

Avant de pousser la porte d’entrée du château, prenez le temps de découvrir le parc magnifique de cent hectares – classé monument historique – qui l’entoure, Avec son allée principale qui le coupe sur près de six kilomètres et ses différents parcours, c’est le lieu idéal pour une flânerie romantique. Le château est entouré de pelouses entretenues avec un soin méticuleux qui concourent aussi au sentiment de rigueur qui vous envahit.

Au hasard de votre promenade, découvrez le jardin potager et sa variété de couleurs et de senteurs qui changent à chaque saison.

Visitez les chenils et la meute constituée d’une centaine de chiens qui y vit. Ils vous rappellent la passion de la noblesse pour la chasse et offrent un spectacle étonnant à l’heure du repas.

Le monde de la vénerie est également présent dans la Salle des Trophées où sont exposés pas moins de 2 000 bois de cerfs autour d’une cheminée monumentale, mais aussi dix tableaux sur le thème de la chasse à courre.

Traversez le Jardin des apprentis et, avant de faire une pause à l’Orangerie, retournez-vous un instant pour apprécier la magnifique perspective vers le château.

Vous pouvez maintenant reprendre  votre visite pour découvrir le jardin anglais, planté de tilleuls, de cèdres et de séquoias géants, puis faire une halte au bord du Grand Canal.

Ne craignez pas la fatigue : des bateaux et des voitures électriques sont là pour vous permettre d’explorer la partie forestière et continuer la visite sur un autre rythme, pour enfin vous retrouver devant le perron monumental qui s’ouvre sur d’autres émerveillements, cette fois à l’intérieur du château.

Un peu de culture…

Cheverny est connu comme étant le château de la Loire le plus somptueusement meublé et le plus richement décoré. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’on y trouve une grande variété de styles et d’époques. Préparez-vous à être ébloui.

La salle à manger témoigne de cette opulence. Les murs sont ornés de 34 panneaux de bois peints par Jean Mosnier illustrant l’histoire de Don Quichotte. La cheminée monumentale aussi attire l’œil avec ses dorures à l’or fin et son buste du roi Henri IV, tout comme le lustre en bronze argenté de plus de 100 kg qui surplombe une table en bois massif pouvant recevoir jusqu’à 25 convives.

Dans le Grand Salon, dont chaque centimètre carré semble lui aussi décoré, on peut admirer plusieurs portraits, dont l’un est du Titien, un autre provient de l’atelier de Raphaël et un autre est signé Pierre Mignard. Il est meublé notamment par une table de style Louis XVI, de commodes, fauteuils et canapés des XVIIe et XVIIIe siècle, recouverts de magnifiques tapisseries d’Aubusson.

La Galerie, qui mène au Petit Salon et à la Bibliothèque, est jalonnée d’une autre collection de tableaux, dont un portrait en pied de Louis XVI. Le Petit Salon, meublé dans les styles Empire et Louis XV, contient cinq tapisseries des Flandres et un portrait attribué à Quentin de La Tour. La bibliothèque aux murs lambrissés renferme plus de 2 000 ouvrages.

Plus loin se trouvent deux salons, eux aussi intéressants pour l’amateur d’Art et d’Histoire.

Le Salon des Tapisseries tire son nom de cinq tapisseries flamandes du XVIIe siècle. Au chapitre des meubles, on peut remarquer une commode de style Boulle d’époque Louis XIV et des fauteuils Régence.

La Salle d’Armes est la plus vaste pièce du château. Y sont exposés une grande collection d’armes et d’armures des XVe, XVIe et XVIIe siècles. La décoration est due au peintre Jean Mosnier qui a aussi signé le tableau qui trône au dessus de la cheminée de style Renaissance. La salle est ornée d’une tapisserie des Gobelins du XVIIe siècle et meublée de fauteuils Régence, ainsi que d’une malle de voyage ayant appartenu à Henri IV.

Enfin la Chambre du Roi est la plus richement décorée. Les murs sont recouverts de huit tapisseries représentant les travaux d’Ulysse, dessinées par Simon Vouet, premier peintre du roi Louis XIII,  et réalisées à la Manufacture de Paris. Le plafond lambrissé est, quant à lui, décoré par des peintures de Jean Mosnier. Son mobilier se compose d’un lit à baldaquin du XVe siècle recouvert de broderies persanes et dans lequel, dit-on, Henri IV aurait dormi. On dénombre aussi un prie-Dieu, une paire de chaises Louis XIII et des fauteuils Louis XIV richement recouverts de tapisseries d’Aubusson.

Un peu de divertissement…

La tête remplie de ces témoignages d’un passé flamboyant, vous retournez sur le palier, là où se trouvent les cornes de Mégacéros vieilles de plus de 6 000 ans – trouvées dans les glaces de Sibérie et offertes au marquis de la Vibraye au XIXe siècle –, et vous vous apprêtez à redescendre le grand escalier de pierre. Instinctivement, vous vous assurez que la quatrième marche n’est pas cassée… et une image vous traverse l’esprit.

Vous vous précipitez alors vers la sortie et traversez en courant la cour de gravier avant de vous retourner pour avoir une vue d’ensemble du château.

Tonnerre de Brest ! C’est pourtant vrai ! Si on retire les deux pavillons latéraux, le bâtiment ressemble à s’y méprendre au château de Moulinsart, celui des Aventures de Tintin.

Ce n’est pas une coïncidence : Hergé, le père de Tintin, s’est bel et bien inspiré du château de Cheverny, dont il a trouvé la photo dans une brochure touristique, pour dessiner la demeure du Capitaine Haddock en 1943.

Et pour rendre hommage au héros de bande dessinée, le château de Cheverny en partenariat avec la Fondation Hergé, organise une exposition permanente autour de l’univers du petit reporter : « Les Secrets de Moulinsart ». Découvrez dans un bâtiment qui jouxte les chenils, et sur plus de 700 m2, la salle du Chevalier de Hadoque – l’aïeul du capitaine Haddock –, ou le laboratoire du Professeur Tournesol et ses inventions farfelues dans une habile mise en scène qui ravivera vos souvenirs d’enfant. De quoi terminer votre visite de façon ludique.

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2 commentaires sur “Château de la Loire: Cheverny
  1. damien dit :

    Pouvez-vous me renseigner sur les expos permanantes sur Tintin au château ? merci

  2. Gain mass dit :

    D’habitude, je ne lis pas l’article sur les blogs , mais je tiens à dire que cette écriture-up très fait pression sur moi pour vérifier et faire! Votre style d’écriture m’a été surpris. Merci, article très grande . 😉 😉