Versailles sous le Soleil, Louis XIV et son château.

25 avril, 2013
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Versailles sous Louis XIVVersailles… sous le Soleil

S’il n’a été jusqu’à présent qu’un modeste pavillon de chasse construit par le roi Louis XIII pour ses moments de solitude, le château de Versailles est appelé à connaître un destin autrement plus prestigieux sous le règne de son fils, Louis XIV, le Roi-Soleil…

Dans son esprit, Versailles doit glorifier la toute-puissance de la monarchie française, et Louis XIV va consacrer sa vie et des moyens considérables à faire de ce palais l’édifice le plus beau, le plus grand, le plus luxueux de son époque.

Le choix du Roi, pour le pavillon de chasse

Quand Louis-Dieudonné s’assoit sur le trône du royaume de France et de Navarre, il n’a que quatre ans et huit mois. Il est le fils aîné du défunt roi Louis XIII et de la reine Anne d’Autriche. C’est elle qui assure la régence jusqu’à la majorité du roi, fixée pour la royauté à douze ans à cette époque.

La famille royale réside officiellement au palais du Louvre, mais la Reine Mère décide de s’établir au Palais-Cardinal, un bâtiment qui appartenait à Richelieu, qui l’a ensuite légué à Louis XIII.

Le palais, qui prend pour la circonstance le nom de Palais-Royal, est agrémenté de vastes jardins où l’enfant-roi peut jouer à loisir avec son frère Philippe, de deux ans son cadet.

Pendant la régence d’Anne d’Autriche, qui dure jusqu’en 1661, le pays est en proie à des troubles violents occasionnés par la contestation par la noblesse et les parlements de l’autorité royale, initiée par Henri IV et poursuivie par Louis XIII et Richelieu. C’est la Fronde.

Louis-Dieudonné n’a que dix ans et doit quitter précipitamment Paris avec la famille royale durant la Journée des Barricades. Il va y revenir, mais durant un autre épisode de soulèvement populaire, lui et sa mère vont jusqu’à être retenus prisonniers par les parisiens au Palais-Royal.

Ces événements vont marquer durablement le jeune Louis XIV et il n’aura de cesse durant son règne d’affaiblir et de contrôler la noblesse, notamment en la gardant près de lui, à la Cour.

C’est aussi le souvenir de ces événements qui va le pousser à s’éloigner de Paris.

Après avoir évalué les différentes possibilités qui s’offrent à lui entre les nombreuses demeures royales, son choix se porte curieusement sur le château de Versailles, le pavillon de chasse sans lustre où son père aimait s’isoler.

Il connait le lieu pour y avoir séjourné plusieurs fois à l’occasion de parties de chasse. Le domaine est administré par le président du parlement de Paris qui n’y porte pas beaucoup d’intérêt, aussi il se trouve dans un piteux état. Drôle de choix, sa situation même semble peu adaptée, comme le rapporte un chroniqueur de l’époque : c’est un lieu « ingrat, triste, sans vue, sans bois, sans eaux, sans terre, parce que tout est sable mouvant et marécage ».

Un palais à l’image de la grandeur de la France

En septembre 1660, Louis XIV décide de prendre en mains personnellement les destinées du château. Au cours d’une partie de chasse à Versailles où il emmène sa récente épousée – il est marié à Marie-Thérèse d’Autriche depuis quatre mois –, il détermine d’agrandir le jardin et de créer un parc « d’une étendue considérable ».

On connaît l’engouement du Roi-Soleil pour tout ce qui touche aux jardins – d’où résultera son amitié avec André Le Nôtre – et c’est avec le verger que commencent les travaux. Mais il devient rapidement évident que le château est trop petit : la famille royale s’agrandit avec la naissance prochaine du dauphin et le mariage du frère de Louis XIV et la Cour ne trouve pas à s’y loger pendant les fêtes somptueuses qui y sont organisées. Déjà à cette époque, le Roi-Soleil ne se déplace pas sans une suite de six-cents courtisans.

Après la disgrâce du surintendant des Finances Nicolas Fouquet, l’architecte du château de Vaux-le-Vicomte, Louis Le Vau, le peintre Charles Le Brun et le jardinier André Le Nôtre commencent à travailler sur le chantier de Versailles.

En 1664, le roi demande à Le Vau de lui trouver des solutions pour l’aménagement du château de Versailles. L’architecte propose deux projets, l’un consiste à raser l’ancienne bâtisse pour construire un nouveau palais de style italien, l’autre se propose de l’agrandir côté jardin pour tripler sa superficie. C’est cette solution que Louis XIV retient, plus pour des raisons économiques que sentimentales, il faut l’avouer.

Mais c’est la seule concession d’ordre économique à laquelle le roi consent. Le palais doit être le reflet de la grandeur et de la puissance de la monarchie française.

Les jardins, dont le roi est si friand, se développent grâce au génie d’André Le Nôtre. Ils commencent à recevoir leurs premières statues, réalisées par de Girardon et Le Hongre, l’imposante grotte de Téthys est construite conjointement à la première Orangerie – démolie en 1681 et reconstruite en 1682 par Hardouin-Mansart – et à la Ménagerie qui héberge des animaux exotiques et sauvages venus du monde entier.

Deux ans plus tard commence le creusement du Grand Canal, avec sa forme caractéristique en croix sur lequel on patinait en hiver, et où l’on naviguait pendant les beaux jours. S’il servait d’élément décoratif, la Grand Canal avait aussi une vocation pratique : il recevait les eaux des fontaines situées en amont et les renvoyait par un système de pompes à un réservoir placé sur le toit de la Grotte de Téthys pour réalimenter les fontaines.

Des campagnes successives qui vont durer pendant tout le règne de Louis XIV, menées par Louis Le Vau, puis par Jules Hardouin-Mansart, et enfin par Robert de Cotte, vont donner au palais de Versailles l’apparence qu’on lui connait aujourd’hui, avec le Grand Appartement du Roi, un ensemble de sept salles destinées aux actes officiels de Louis XIV, dont le Salon d’Apollon qui lui servait de chambre puis de salle du trône, le Grand Appartement de la Reine, constitué, lui, de cinq salles, ou bien encore la célèbre Galerie des Glaces, longue de 73 mètres et éclairée par 17 fenêtres laissant entrer la lumière qui se reflète sur 357 miroirs. Pas moins de 2 300 pièces composent cet édifice majestueux, à la mesure du pouvoir du monarque absolu.

Dans les Jardins du château de Versailles

Si le palais en lui-même impressionne, le parc qui s’étend sur 8 000 hectares – dix fois plus qu’aujourd’hui – donne à Versailles cet aspect majestueux, qui a suscité l’admiration et l’envie de tous Grands qui y ont été invités.

Le jardinier André Le Nôtre, assisté de plusieurs centaines d’ouvriers, met en scène la nature apprivoisée dans le style «jardins à la française » qu’il a imposé.

Dans les jardins de Versailles, il n’y a pas de place pour l’improvisation. Grâce aux progrès dans le domaine des sciences, des mathématiques et de l’arboriculture, des allées rectilignes divisent les parterres de fleurs ou de buis ou de gazon créant des formes parfaitement géométriques, toutes semblables et pourtant toutes différentes, dont l’ordonnancement est savamment rythmé par des bassins et des sculptures.

L’étagement en terrasses réserve aux visiteurs des surprises nées d’illusions d’optique adroitement mises en œuvre par le maître jardinier et de spectacles d’eaux partout présents. Le parc compte près de 2 000 jets d’eau et fontaines regroupés en bassins ou dissimulés dans des bosquets.

Le roi aime à se promener dans ce décor exceptionnel pour s’y détendre et y chercher l’inspiration. Il le fait sans cesse évoluer et réaménager pour son plaisir, mais aussi pour impressionner ses invités, nobles de la Cour, souverains et ambassadeurs étrangers.

Fêtes et réceptions

En 1682, Louis XIV décide d’établir définitivement la Cour et le gouvernement à Versailles. À partir de ce moment, le château va ressembler à une fourmillière : des milliers de personnes s’y affairent chaque jour, la famille royale, la Cour , les ministres et toute une armée de serviteurs, domestiques, ouvriers et marchands.

La petite ville qui jouxte le domaine se développe rapidement et passe de quelques centaines à plus de 30 000 habitants à la mort du Roi.

Versailles est marqué par les fêtes somptueuses et extravagantes qui y sont organisées. Elles ont pour but de divertir les courtisans, mais aussi d’établir le prestige de la royauté. Louis XIV est parfaitement conscient de l’influence de ces fêtes auprès de la noblesse comme du peuple ou des étrangers, et il les utilise comme un instrument au service de sa gloire.

Avant même que la première phase d’aménagement du château ne soit terminée, il y organise sa première fête : Les Plaisirs de l’Île enchantée, en 1664. Elle ne dure pas moins d’une semaine et consiste en une succession de divertissements : ballets, théâtre, jeux, feux d’artifice, promenades, dont les fastes marquent l’Europe entière.

On y joue Le Tartuffe, Le Mariage Forcé ou Les Fâcheux des pièces écrites et mises en scène par Molière sur des musiques composées par Jean-Baptiste Lully.

Plus tard, en 1668, a lieu une autre fête mémorable dans les jardins de Versailles : le Grand Divertissement Royal, qui attire plus de 1 500 personnes. Le clou du spectacle est cette fois encore une comédie-ballet de Molière et de Lully : George Dandin, sur une chorégraphie composée par Pierre Beauchamp qui fait intervenir plus de cent danseurs. Lully y donne aussi ses Fêtes de l’Amour et du Hasard.

En 1674, les Divertissements de Versailles, six journées de fêtes et de spectacles, permettent aux spectateurs d’assister aux représentations d’Alceste, une tragédie lyrique composée par Lully, le Malade Imaginaire de Molière, mort l’année précédente, et Iphigénie, une tragédie de Racine. La fête se termine en apothéose par une promenade en gondole aux flambeaux sur le Grand Canal à laquelle toute la Cour participe.

Si les divertissements ont la plupart du temps pour cadre les Jardins, c’est dans la Galerie des Glaces que sont organisées les réceptions et cérémonies officielles, comme celles qui ont pour invités l’ambassadeur du Chah de Perse Huseyin 1er , Mehmet Rıza Beğ et le marchand et diplomate arménien Hagopdjan de Deritchan en 1715.

De cette réception grandiose résulte un important traité de commerce entre la France et la Perse et l’établissement d’un Consulat de Perse à Marseille, principal port de commerce avec l’Orient.

C’est la dernière cérémonie d’envergure à laquelle assiste Louis XIV qui meurt le 1er septembre de la même année, à 76 ans. C’est aussi la première à laquelle assiste son arrière-petit-fils, qui n’a que cinq ans et qui va lui succéder sous le nom de Louis XV. Lui, il est né à Versailles.

À suivre…


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Un commentaire pour “Versailles sous le Soleil, Louis XIV et son château.”

  1. [...] L’humble pavillon de chasse de Louis XIII est devenu, sous l’impulsion de Louis XIV, Versailles le plus beau palais d’Europe. [...]

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